Peace , love, death metal (et punk)

J’avais prévu d’écrire un article sur ce vendredi noir. Et je me suis dis que les internets n’avaient pas besoin d’un énième article juste pour partager sa tristesse et son incompréhension, même si cela fait du bien de se confier, même si on a le droit d’aller mal, d’être triste, choqué.

Je n’écris pas aussi bien que certains, je ne dessine pas, je n’ai pas envie de débattre sur le pourquoi du comment, de qui était visé, de qui a engendré les monstres abrutis qui commettent ce genre d’horreurs partout dans le monde. J’ai juste envie de soigner un peu mon petit cœur. Je ne suis toujours pas remise, je pleure toujours, tous les jours, je suis fébrile dans les transports et dans la foule (malgré le fait que j’habite une ville moyenne de province et pas une grande agglomération).

Du coup j’ai attendu un peu, et j’ai décidé de reprendre le clavier pour vous parler de livres. Parce que la culture, j’en suis persuadée, rend meilleur. Parce qu’elle ouvre d’autres horizons, des horizons qui ne connaissent pas la haine et qui aiment l’autre, dans sa différence.

Et pour répondre à cette actualité qui a mis en avant un de mes groupes préférés, je vais parler BD, BD punk ! J’ai découvert Derf Backderf il y a quelques années déjà, avec son livre Mon ami Dahmer (Çà et là, 2013). L’auteur revenait sur ses années lycée pendant lesquelles il avait côtoyé de loin, car il était son camarade de classe, Jeffrey Dahmer, un des plus tristement célèbre serial killer que l’Amérique a engendré à la fin des années 80.

A la base journaliste, Derf Backderf (né en 1959 et ayant grandi à Richfield, Ohio) s’est tourné vers la bande-dessinée dès les années 90, en passant par le dessin de presse. Dans un style fortement influencé par la revue Mad, et les auteurs indépendants comme Robert Crumb, il propose une oeuvre décalée, à l’humour noir et absurde, dans un Ohio morne et en dehors du temps.

J’ai lu dernièrement son dernier ouvrage traduit en français et qui vient de sortir, Trashed, où il s’inspire de son expérience d’éboueur pour raconter les aventures désopilantes et pathétiques de deux jeunes chargés du ramassage des ordures dans une petite ville d’Ohio, tout en critiquant finement le traitement des déchets dans le monde occidental, grâce à un fond très documenté. Oui, je viens de dire qu’une bd sur les poubelles était génial ! Il réussit avec finesse et drôlerie à en faire un sujet fun et punk, et c’est là tout le talent de Derf Backderf.


Pour en revenir à ce que je disais au début de l’article, le livre de ce dessinateur que je voulais vraiment vous présenter est Punk rock et mobile homes. sorti en France en 2014. Akron, début des années 1980. La vague punk a bien peiné à arriver jusqu’au fin fond du Midwest. Otto, dit « Le Baron », est un lycéen un peu geek fan du Seigneur des Anneaux et qui habite dans un parc de mobile homes, appartenant à sa famille. Découvrant le punk par hasard lors d’un concert, il devient alors une icône de la scène underground d’Akron, en travaillant notamment à The Bank, la seule salle proposant ce type de groupes dans la ville.

On croise The Clash, The Ramones, Klaus Nomi et bien d’autres dans cette chronique déjantée de la scène musicale de la fin des seventies. Derf Backderf s’est encore une fois fortement inspiré de sa propre expérience pour écrire cet ouvrage, distillant ça et là les bons mots, et aventures hilarantes et rocambolesques de son héros. Vrai feel good comic, cette bd dresse un beau portrait, bien qu’un peu triste, de la fin de la première vague punk, et d’une Amérique en pleine crise économique. A conseiller aux férus de musique !

 

Mon ami Dahmer (My Friend Dahmer), 2013, 2012 pour la version originale

Punk Rock et Mobile Homes (Punk rock and trailer parks) 2014, 2010 pour la version originale

Trashed, 2015

Derf Backderf

Çà et là

 

Et pour finir, j’aimerai partager avec vous ce morceau des Eagles of Death Metal, qui symboliseront toujours pour moi le mauvais goût, le rock’n’roll, le millième degré et l’impertinence moustachue, malgré les récents événements ! Guys, I love you ! Keep Rockin’ !!!

PENTAX Image
Un vieux souvenir de Rock en Seine 2009 // ©The Happy Bookmark
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