Starman

On s’est tous souhaité une bonne année 2016, une année qui soit meilleure que la tragique 2015. Et puis 2015 s’est finie avec la perte d’une des plus grandes (si ce n’est LA plus grande) figure du métal, Lemmy Kilmister. Du coup, ça enfonçait encore plus le clou sur « 2015, cette année de merde ! ». Et puis 2016 a commencé, et ce matin en me réveillant, j’ai versé quelques larmes. Parce que sur mon téléphone, je venais de recevoir un message : « David Bowie est mort ! ».  Hier, j’écoutais France Inter. J’écoutais Very Good Trip, de l’excellent Michka Assayas. « Bowie et ses maîtres ». Et je me disais, « Pffff, ça serait vraiment trop dur pour moi le jour où j’apprendrai sa disparition… ». Et mes copains venaient boire le thé, et j’ai voulu continuer ma mission d’évangélisation BDesque auprès de ma copine Polly, et j’ai voulu lui prêter Haddon Hall de Néjib.

Et ce matin, je pourrai parler de « l’esprit du 11 janvier », de ce qu’il s’est passé l’année dernière, mais non. Non, j’ai besoin de laisser « cette année de merde » derrière moi, et j’ai besoin de parler de ce monsieur, de cet homme étrange, de cet hybride qui m’a éveillée à l’art, à la musique, à l’esthétique, à des univers fous, au trouble entre les genres. J’ai besoin de revenir sur son oeuvre tellement riche, tellement belle.

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©Helen Green

Du coup comme ici on parle de livres, et bien je vais parler de Haddon Hall. Revenir sur les années charnières qui ont vu se transformer David Jones (en fait déjà Bowie à l’époque, mais sans le packaging glam), crooner folk sans grand succès, à David Bowie, le transformiste génial, à la fin des années 60, c’était déjà un beau projet. Le faire du point de vue tendre et aimant d’une maison, habitée d’une âme, c’était ce qui allait rendre le livre indispensable !

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Haddon Hall, c’est cette auberge espagnole où vécurent quelques années David Bowie et son épouse Angela. La demeure victorienne un peu bancale vit passer dans ses murs de nombreuses figures mythiques de la musique pop, Tony Visconti, Marc Bolan, Syd Barret… et également Terry Burns, le grand frère de David Bowie. C’est aussi ce lien entre ces deux hommes qui est évoqué dans cette belle production aux couleurs vives et aux dessins délicats et vivants. David Bowie vouait une admiration et un amour fous pour son frère, plus âgé, qui l’avait initié au jazz. Terry était un homme fragile, souffrant de troubles mentaux. Haddon Hall dépeint cette relation fraternelle avec douceur et fait la lumière sur certaines paroles un peu obscures chantées par Bowie, qui étaient en fait des « codes », des rituels mis en place entre les deux hommes.

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Le livre regorge d’anecdotes truculentes sur la vie et sur le processus de création de l’interprète de Ziggy Stardust. Comme par exemple le fait que c’était lui à la base qui devait adapter en anglais Comme d’habitude de Claude François, et que l’échec cuisant de cette adaptation qui sera refusée par la maison de disques sera un des nombreux moteurs pour le pousser à se surpasser, pour créer le magnifique Life on Mars !

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Malgré tout, cette bande-dessinée n’est pas une véritable biographie. Le tout est romancé, mais il est difficile de savoir ce qui navigue dans la réalité ou la fiction, le personnage de David Bowie étant déjà un extra-terrestre. Sa mégalomanie ressort dans cet ouvrage, mais l’on n’y trouve pas une mégalomanie insupportable, vaniteuse, dangereuse, mais une mégalomanie débordant d’énergie créative, sublime et fantastique, à l’image de ses créatures protéiformes !

 

Haddon Hall : Quand David inventa Bowie

Néjib

2012

Gallimard

 

Il y aurait tellement à dire sur David Bowie, j’ai envie de m’étendre sur la manière dont il a collaboré avec Iggy Pop, sur sa capacité à s’inscrire systématiquement dans une époque en étant en même temps intemporel, sur son sens du style et son influence sur la mode, sur son talent d’acteur, etc etc…Je préfère laisser les spécialistes se charger de ça, moi je reste dans mes livres. Mais aujourd’hui, je vais sûrement passer ma journée à écouter Hallo Spaceboy (la version pour ses 50 ans, avec les Foo Fighters, 3 batteries, un cataclysme rock’n’roll !), Life on Mars (son introduction au piano <3), Suffragette City (son impertinence sensuelle), Rebel Rebel (véritable hymne adolescent), Rock’n’roll Suicide (poésie tragique et hallucinée) etc etc…

 

Vous me manquerez Docteur Jones, Mister Bowie….

 

Petit clin d’œil :

 

 

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