The Rider Song

Bonjour à toutes et tous ! Je reviens (enfin) pour une petite chronique littéraire. Encore une fois, je vous fais voyager, et nous repartons aux Etats-Unis, un pays qui nourrit véritablement mes rêves d’évasion. Je suis fascinée par les cultures amérindiennes, la conquête de l’Ouest, les grandes découvertes et grandes blessures qui ont façonné ce pays titanesque, démesuré, dont la nature sauvage n’a d’égale que la sauvagerie des hommes. Mais chose peu commune, cette Amérique est ici racontée par une française.

Je vais donc vous parler de Faillir être flingué, de Céline Minard, qui a notamment reçu le Prix du Livre Inter 2014, amplement mérité. Dans ce fabuleux roman, l’auteur revisite le mythe du western, dans une histoire chorale où l’on peut voir la naissance et l’émergence du ville.

Ce qui est fou avec l’Ouest américain, c’est que la mythologie et l’histoire qu’il a vu passer font maintenant partie intégrante de sa définition. Les américains ont un lien particulier à l’espace, du fait de l’immensité et du gigantisme de leurs paysages (on peut penser notamment au mouvement du Colorfield dans la peinture des années 50, qui pour moi découle, consciemment ou non, de ces étendues à perte de vue). C’est d’ailleurs sûrement pour ça que je préfère la littérature américaine, qu’elle soit « urbaine » ou « sauvage ». Elle sait prendre pied dans un environnement, si bien que ce dernier devient un personnage à part entière.

Céline Minard fait sienne cette capacité de rendre vivant cet infini (puisque trop grand, trop impalpable) dans sa fresque merveilleusement bien documentée. Et elle réussit à merveille à créer des figures originales et attachantes. Je suis véritablement tombée en amour avec les héros de son roman. Indienne mystérieuse aux pouvoirs magiques et chamaniques ; famille de pionniers et son chariot qui part chercher un lieu où s’installer pour bâtir une nouvelle vie ; mercenaires en tous genres et voleurs de bétail ; tenancière de saloon haute en couleurs et sa ribambelle « de filles » ; émigrés scandinaves et flamands ; des cavaliers solitaires etc… Tout en construisant la trame de son roman sur l’imaginaire collectif qui entoure la plaine sauvage, l’auteur colle au plus près d’une réalité historique. On retrouve aussi un peu des grands westerns qui ont marqué le cinéma ces dernières années : True Grit, Deadwood, Hell on Wheels, Trois enterrements etc.

Je n’aime pas spécialement les westerns spaghettis, qui situent souvent leurs intrigues dans le sud, voire au Mexique. Ici, nous côtoyons les grandes plaines, et les forêts, les montagnes, les rivières. La simplicité nue, la profondeur magique, la poésie triviale qui s’échappent de tous les protagonistes, humains, animaux, éléments du décor, nous transportent dans une fresque touchante et poignante. Et malgré cette densité, les dialogues sont drôles, les situations pétillantes.

Un livre qui se dévore et qui donne envie de partir à l’aventure !

 

Faillir être flingué

Céline Minard

2013

Editions Rivages

 

Et comme d’habitude, un peu de musique pour accompagner votre lecture ! Un extrait de la bande originale du sublime western australien The Proposition (scénario et musique de Nick Cave), et la belle reprise de Patti Smith du morceau emblématique des Allman Brothers Band.

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